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mercredi, décembre 7, 2022

Focus sur Logique de Limsa d’Aulnay

Si vous aimez passer votre temps sur Youtube à regarder des sessions freestyles de rap français, vous avez forcément entendu parler de Limsa d’Aulnay.

Limsa est un abonné des freestyles et autres cyphers, il a commencé en rappant dans la rue, bien avant d’aller enregistrer en studio. C’est pour cela que vous retrouverez souvent son nom sur les sessions freestyles de Planète Rap ou bien de Grünt.

Depuis des années, Limsa d’Aulnay ne cesse de nous mettre l’eau à la bouche avec quelques titres et de nombreuses apparitions en freestyle, notamment avec la session Grünt 42 de mars 2020 lui étant consacrée. Le rappeur nous a enfin permis de nous régaler avec ses Eps Logique part. 1 & 2 !

Dedans, le rappeur de 34 ans y parle avec honnêteté de sa vie à Aulnay-sous-Bois ainsi que ses relations avec la gente féminine, tout en y apportant un humour qui lui est propre.

L’art de raconter Aulnay

Quelques minutes d’écoutes des couplets de Limsa suffiront à vous faire comprendre l’attachement du rappeur à sa ville. Comme il le dit si bien dans le morceau d’ouverture 4 décembre : «  J’viens d’Aulnay, d’ASB, du 9-3-6, j’sais qu’tu l’sais connard j’le répète dans chaque chanson ». Difficile de passer devant cette information.

Limsa vit à Aulnay depuis ses 6 ans, cela fait donc bientôt près de 30 ans, et en 30 ans peu de choses ont changé à Aulnay. Comme il le répète dans 4 décembre : « hier ressemble à demain ». En plus d’être une référence à un morceau de Nysay (groupe dont faisait partie Salif, rappeur emblématique d’Aulnay-sous-Bois), Limsa nous dit ici que la vie de banlieue est monotone, chaque jour se suit et se ressemble.

Le morceau ASB, présent sur la part.2 est, comme son titre le laisse présager, une ode à sa ville. Il la tutoie, et donc la personnifie, comme si elle était un membre à part entière de sa famille. Le rappeur y décrit sa ville, ses immeubles et leurs habitants avec une touche de mélancolie.

Il en dépeint un mode de vie différent, celui des cités et de la banlieue, qui s’oppose à celui des grandes villes et des quartiers aisés. Ce mode de vie inhabituel est difficile à assimiler pour lui : « quand je quitte tes frontières j’avoue j’comprends pas grand chose ».

L’aulnaysien y évoque également les deux uniques moyens de quitter définitivement cette vie de cité : « Les meilleurs t’ont quitté parce qu’ils ont réussi ou qu’ils sont morts ». Il y a donc 2 seules issues : plata o plomo.

En ayant passé autant de temps dans la cité des Emmaüs, Salim y a côtoyé plusieurs générations d’habitants. Dans le morceau Duper, il y observe la situation des jeunes de son quartier et déplore le fait qu’ils choisissent la voie de « l’argent facile » : « Les p’tits bicravent, non ils ont pas d’job d’été ».

Il se désole également du manque d’éducation, puisque ces mêmes jeunes « savent pas s’éduquer eux-mêmes [mais] ils veulent éduquer des pit ». Les jeunes idéalisent la vie de la banlieue et cherchent à reproduire le même schéma que leurs grands.

Limsa, lui, porte un regard différent sur cette vie de banlieue, il ne l’idéalise pas et ne cherche pas à adopter le même schéma que les autres. Il constate que lorsque « dehors y a encore un mort, ici ça fait même plus la une ».

Limsa d’Aulnay fait preuve d’introspection tout au long du projet, il observe et s’interroge sur les « lois » et les événements qui régissent la cité, ainsi que sur ses relations aux autres, notamment ses relations avec le sexe opposé.

Limsa d Aulnay

Un rapport aux femmes différent

S’il y a un thème qui est universel et qui se veut le même dans les cités que dans les quartiers aisés, c’est bien celui de l’amour. Il existe pourtant tout un tas de manières différentes d’exprimer ce sentiment, et pour Limsa cela peut se manifester par le biais de la valeur financière comme dans le morceau Avec moi : « 50 balles la pizza, ça veut dire que je l’aime ». Un élément de comparaison simple que tout le monde comprend face à ce sentiment pourtant complexe.

Le rappeur est conscient que dans un couple, les beaux moments ne peuvent pas remplacer tous les mauvais : « J’lui fais une blague, j’suis content, ça la fait rire mais faire rire résout pas les problèmes ».

Cependant Salim a du mal à trouver sa place dans un couple puisque dans certaines relations il est un élément rajouté et dissimulé d’autre couples. Il s’interroge alors sur la sincérité et la valeur des sentiments de celle qu’il aime à son égard : « Est-c’que t’es bien quand t’es avec moi ?Est-c’que tu penses à lui quand t’es avec moi ? ».

Ce questionnement se retrouve également dans le morceau Lost Highway (titre inspiré du film de David Lynch) : « je sais que j’suis son plan cul / Je sais que j’suis son divertisseur, qui profite de qui, je n’comprends plus ». Bien qu’il cherche une certaine sincérité dans ses relations, Limsa ne peut s’empêcher de ne pas être authentique quant à ses sentiments : « j’lui caresse les ch’veux en lui mentant » / « Relation toxique alimentée, en vrai, j’lui f ‘rais moins d’mal en lui manquant ».

Limsa d’Aulnay critique également la vision qu’il a pu avoir de la femme avec ses amis à la cité des Emmaüs, estimant que les femmes ne seront jamais assez bien pour eux : « Quoi qu’elles fassent on veut toujours plus ». Allant toujours plus loin dans le dénigrement de cette dernière, il estime qu’ils lui laissent de moins en moins de libertés, allant jusqu’à l’absurde : « Bientôt on insult’ra de pouffe ou d’pute les p’tites meufs qui prennent leur douche toute nue ».

Leur représentation / conception n’a pas cherché à évoluer et à être en adéquation avec leur temps, comme il le souligne dans le morceau Starting block en featuring avec Isha : « On a des principes vieux du 15ème siècle, notre vision de la femme vient d’la même époque ».

Limsa d Aulnay

L’humour de Limsa

S’il y a bien un qualificatif que l’on peut attribuer à Limsa d’Aulnay, c’est comique. Même quand il aborde des sujets sérieux et personnels, il ne peut s’empêcher de le traiter aussi avec humour. Comme dans 4 décembre où il évoque le système pénal en utilisant une comparaison inattendue : « Bracelet électronique pour t’localiser, dis-leur qu’on est des rebeus pas des tortues d’mer ».

Il parsème également des anecdotes imagées dans ses textes où il se livre : « Trop fonce-dé, j’ai confondu la sonnette du voisin et la lumière » dans Lost Highway ou encore « quand j’rangeais ma chambre c’est qu’j’savais qu’j’allais baiser » (4 décembre).

Limsa a également composé 2 titres (un dans chaque partie) où il se lâche en égotrip et en humour.

En effet le son Attiré par la nuit est un morceau entraînant où il nous parle de son penchant pour les filles, l’alcool et la fête. Il est ponctué de quelques phases d’egotrip ainsi que de dérision dont il a la recette : « Elle est venue pour m’donner sa faiblesse, je l’accueille en slibard comme Franck Dubosc ».

Le morceau Ça m’arrange en featuring avec JeanJass possède la même recette, ainsi qu’un refrain extrêmement simple mais qui rentre bien en tête.

Ainsi, pour son premier projet depuis Les fleurs de Limsa en 2015, le rappeur d’Aulnay-sous-Bois a su nous raconter la vie de banlieue sous un œil différent, reflétant la réalité de cette dernière. Il (nous) a apporté également un autre regard sur le sexe féminin.

Après la partie 1 et la partie 2 on ne peut qu’attendre avec impatience la partie 3, Logique !

Girod
Un passionné qui souhaite pousser sa passion un peu plus loin. Fondateur de Culturap.

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