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mercredi, décembre 7, 2022

Interview Maka « Sortez les couverts vol.1 »

Salut MAKA, ton projet « Sortez les couverts volume 1» est sorti ce 27 janvier, comment tu te sens ?  

Bah écoute, ça va super, il est enfin sorti, je suis soulagé. Des fois on a certaines attentes, on craint un peu le public mais ça va. Pour l’instant j’ai que des bons retours.

Déjà rien qu’au titre de ce nouveau projet « Sortez les couverts », on comprend qu’on va avoir besoin d’appétit parce que tu nous a préparé du lourd, on sent toute ta détermination, pourquoi ce titre, quel message as-tu voulu faire passer  ? 

J’avais un enchaînement de phrases quand j’ai commencé à rapper en 2013. Je disais

« Maka là ganja vous mets mal alaise
Assieds-toi prend note enfoiré
Sortez les couverts les plats sont servi »

Avant que le refrain ne commence ou que le couplet commence, je disais ça dans mes sons. C’était un truc habituel pour moi en vrai.
C’était l’intro de chaque son quasiment et du coup, je l’ai fait de moins en moins dans mes nouveaux sons et on s’est dit pourquoi pas reprendre ce truc là et en faire le titre du projet ?

Donc c’est plutôt symbolique ? 

Exactement, c’est le commencement de tout en vrai. Et « sortez les couverts » c’est mon premier projet donc du coup ça va bien ensemble. 

Tu as commencé le rap aux alentours de 2013 si je ne me trompe pas, au sein du groupe « LEXUS GANG », puis tu te lance en solo. En 2018 tu sors le morceau « LUV » qui va avoir un impact de fou auprès du public. À quel moment tu as senti que ta carrière prenait un tournant décisif  ? 

Bah, en vrai c’est après tous ces morceaux là hein. C’est après « LUV » etc… Là j’ai commencé à travailler davantage mon écriture, j’étais plus à fond dans les lyrics. Et puis après ça j’ai vu que les gens kiffaient de plus en plus, justement parce que je prenais le temps, alors ils recevaient ma musique différemment. Même moi je sentais que c’était différent, les commentaires étaient de plus en plus positifs, et quand je croisais des gens, leur vision était différente. J’avais évolué en fait. Ils m’ont tous dit « non la frérot, vraiment, y’a un truc à faire ».
Au début j’y croyais pas vraiment, mais quand y’a une personne, deux personnes, 30 personnes, 100 personnes tu te dis ah ouais là c’est sérieux. 

On a l’impression que « Sortez les couverts » annonce le début de quelque chose de neuf, on sent une forte identité artistique sur ce projet et surtout, on voit à quel point tu as bossé dessus. Quel était ton quotidien pendant la conception de cet EP ? 

Pendant la conception du projet, je me suis coupé du monde. J’écoutais plus de musique, j’écoutais plus rien du tout. 

Tu voulais pas être influencé ? 

Exactement. Je voulais avoir aucune influence, je voulais que ce soit du MAKA 100 %. C’est mon premier projet, et comme je le dis, tu peux le voir sous deux angles différents, tu as les gens qui me connaissent, qui m’ont vu évoluer, qui vont voir une nouvelle évolution, mais qui vont quand même me retrouver dedans. Et t’as les gens qui ne me connaissent pas du tout. Là c’est du MAKA 100 %, c’est moi et pas quelqu’un d’autre qu’ils découvrent. 

« Sortez les couverts » vol 1 annonce ton grand retour dans le game ? 

Exactement. Mon grand retour et surtout ma présence. Plus ma présence que mon retour car c’est vraiment un autre cap, c’est totalement différent de ce que je faisais avant. Même niveau travail, niveau musical, tout est différent donc là c’est vraiment la première pierre que je mets à l’édifice.

Concernant la cover, elle a été réalisée par Yasin Gocer, on y voit une mise en scène très épurée dans laquelle tu passes à table servi par un vieux majordome et sous la cloche des billets à te mettre sous la dent, que signifie cette métaphore ? 

La première chose que je vois quand je regarde cette image, c’est vraiment le luxe dans la rue. C’est pas forcément l’image que je veux donner de moi mais elle me représente quand même. J’ai toujours kiffé les grandes choses. En fait j’ai toujours tout vu en grand, depuis que je suis tout petit. J’ai toujours kiffé les belles voitures, les belles maisons, les beaux habits, les bons parfums. C’est ça que je veux retranscrire dans mes sons et c’est l’image que je veux dégager.

Je veux montrer l’élégance dans la rue, la rue propre, la rue correcte. 

maka sortez les couverts

Ton single « Noir » a fait beaucoup de bruit, une production signée Don Alphonso et Ozhora Myiagi, un compositeur belge connu qui a déjà collaboré avec Tory Lanez sur “Diego”, Booba sur “Génération Assassin” ou encore “Trap Lord” d’A$AP Ferg. Comment tu choisis les gens dont tu t’entoures pour créer ?   

Bah, déjà Ozhora c’est mon manager. Du coup, je ne vais pas dire que c’est 100% via lui mais c’est au feeling justement. Donc si la personne travaille bien, et que nous deux ça match, on fait le boulot directement. Je suis compliqué niveau instru. On peut passer des heures et des heures avec moi à faire défiler des profs et je dis « non, non, non ». Mais, en soit, je suis quelqu’un de pas compliqué du tout. 

Ton dernier projet ne compte qu’un seul featuring avec Olazermi sur le morceau « en balle »  est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette collab ? Pourquoi ce choix ? 

Olazermi c’est quelqu’un qu’on a découvert y’a pas mal de temps en Belgique. J’aime beaucoup ce qu’il fait et de base j’avais fini le projet et y’avait zéro feat. J’avais des idées de feat, je m’étais fait une liste et le premier nom c’était Olazermi. J’ai même pas eu le temps de le dire qu’on m’a proposé. Donc j’ai dis bah ouais, lets’go ! C’est le premier projet, si on peut mettre la 6 ème vitesse directement on y va. 

Sur ton morceau « Joujoux » tu dis je tournerai la page quand j’aurais ce que je veux », à ce propos, c’est quoi ton but ultime ? 

Moi vraiment mon but ultime dans la vie c’est mettre ma famille à l’abri. Être bien, tranquillement, loin de tous les problèmes.

La sérénité ? 

Exactement. 

D’ailleurs toujours concernant « Joujoux » au niveau du clip, elle t’es venue comment l’idée du lance-flammes ? Tu as des anecdotes à nous raconter sur le tournage ? 

Bah en fait, l’idée du lance-flammes est venue pendant qu’on faisait le mood-board du clip. En vrai on disait « joujoux, joujoux » mais qu’est-ce qu’on va apporter comme joujoux ? 

Image issue du clip de « Joujoux » – Réal. Vclap

C’est un gros joujou là pour le coup  !

Haha ! Ouais on a été loin. Mais on voulait juste faire les choses différemment. En Belgique c’est un peu plus compliqué de se faire voir donc on ne voulait pas mettre des armes, des fusils etc… Ça c’est du vu et revu. On a voulu mettre un truc qui tape à l’œil directement, on a décidé de choisir le lance-flammes. Ça a été très compliqué à trouver. On a dû faire beaucoup de route pour aller le chercher. 

Ça va c’est facile à manier le lance-flamme ? 

Ouais, quand tu sais manier les joujoux tu sais manier tout ! (RIRE)

Bien dit ça ! 
T’as été très actif sur les réseaux ces derniers temps, notamment pour annoncer la sortie de ton projet. Est-ce que tu considères qu’aujourd’hui la communication et l’image sont indispensables pour qu’un artiste puisse percer et faire sa place ?

Au début oui. Au début, quand on te connaît pas du tout, c’est très important. Faut qu’on te voit, il faut absolument qu’on te voit partout. Les gens doivent en avoir marre de toi.

Justement tu prends goût à communiquer et travailler ton image à travers les réseaux ? 

Moi de base je suis pas du tout réseaux sociaux. Pas du tout, du tout. Mais là, par rapport à mon travail, je suis obligé et au final, j’y prends goût. Ça ne me dérange pas, c’est quelque chose que j’aime bien faire et la musique c’est même plus qu’une passion, c’est un truc c’est toute ma vie carrément. Si je dois être sur les réseaux pour la musique, je le fais sans hésitation. 

Tes sons tournent beaucoup autour de l’argent, qui rime souvent avec réussite, d’ailleurs sur ton morceau « Minimum » tu dis ; «Et quand ça nous parle de business, on fait jamais l’minimum » est-ce que tu considère le rap comme un business ?

Ouais hein. Aujourd’hui on peut considérer le rap comme un business. Après ça dépend quelle optique et ça dépend quelle vision toi t’as sur ta carrière et sur la musique. Mais personnellement ouais carrément, business à fond. 

Tu penses que l’aspect business peut dénaturer la passion pour la musique ? 

Non, en tout cas de mon point de vue on peut allier les deux. Si tu fais de la musique avec le cœur, que tu mets aussi ton cœur dans le business c’est bon. 

Donc dans l’absolu tu préfère un succès d’estime ou faire de gros bénéfices avec ta musique ? 

Ah c’est une bonne question ça. Haha ! Les deux hein …

Vas-y, joker pour cette fois, c’est bon.  

Haha, merci ! 

Si tu devais choisir un seul morceau de ton EP pour donner envie à quelqu’un qui ne te connais pas encore de l’écouter tu choisirais lequel ? Pourquoi ? 

L’intro. Je l’ai coupé en trois parties pour avoir directement ce truc là. Personnellement j’ai jamais vu d’artistes faire une intro avec trois intrus différentes. J’ai voulu rentrer dans le truc directement pour que les gens soient à l’aise.

Dès qu’on commence le projet y’a des coupures, des changements de prods, et j’ai tout misé sur l’entrée. J’ai raconté ma vie, l’incarcération de mon père, de ma daronne qui taffait beaucoup, j’étais tout seul. Je parle de la rue, elle a été ma baby-sitter quand mes parents n’étaient pas là. 

Au niveau de la musicalité, tes morceaux peuvent être aussi bien très kickés que mélodieux. On s’en rend compte sur l’intro de « Sortez les couverts », tu commences avec un son de piano, un rap écorché vif et ça part en pure kickage avec un changement sur une prod plus énervée.  J’aimerais te demander au niveau musical qu’elles ont été tes influences ? 

Le RnB je te mens pas. Ma mère écoutait énormément de RnB, elle était dans la musique avant, elle chantait, donc ouais ça vient de là directement. 

Y’a des artistes en particulier qui ont bercé ta jeunesse ? 

Quand j’étais plus petit c’était Justin Timberlake, Neyo, 50 Cent et j’en passe. Mais en tout cas le RnB a occupé une grande place. 

On a l’habitude de voir des artistes attaqués pour leur propos. Je pense par exemple à Black M, Booba, Orelsan, Damso, Youssoupha et j’en passe qui ont subi les foudres des médias et même de la justice. Toi même ta été dans la sauce à cause de ta punchline sur Samuel Patty. Comment as-tu vécu cette polémique ? 

Mais y’a un truc qu’il faut savoir avec cette histoire. C’est pas moi ! (RIRE)

C’est un autre MAKA, rien à voir. C’est pas moi du tout. Mais j’ai quand même subi le châtiment ! Ça m’a mis dans la sauce sur une courte durée mais après les gens ont compris que c’était moi et ils ont tous twitté, ils m’ont soutenu à fond.

Mais du coup ça t’a porté préjudice ce quiproquo ? 

Ouais, un petit moment, jusqu’à ce que mes sons commencent à tourner et au final, ça a étouffé l’histoire et les gens me défendaient sur les réseaux, c’était marrant. 

Et bien écoute, merci beaucoup pour toutes ces réponses, j’ai une dernière question à te poser. Après avoir sorti les couverts du coup quelle est la suite du repas ? 

La suite du repas est dans le four. 

Ah ouais la suite est déjà en préparation donc ? 

Ouais, les choses se font rapidement, maintenant que l’EP est sorti, on a tout activé là. 

Bah écoute merci pour ce mot de la fin et bonne continuation pour la suite ! 

Merci. 

Le projet de Maka « Sortez les couverts volume 1 » est disponible en écoute directement depuis le lien ci-après : https://idol.lnk.to/SortezLesCouverts-Vol1

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