Boro700 poursuivi pour apologie du terrorisme après un titre controversé

Un morceau de rap citant des figures du terrorisme islamiste a déclenché une vive polémique et une procédure judiciaire. Le rappeur Boro700 se retrouve dans le viseur de la justice française après la diffusion massive de sa chanson sur les réseaux sociaux. Retour sur une affaire qui interroge les limites de la liberté d’expression dans le rap.

Des paroles qui font directement référence à des attentats

Depuis le 5 octobre, plusieurs vidéos circulant en ligne montrent des lycéens reprenant les paroles du titre « M*R*H » de Boro700. Ce morceau contient des références explicites à des événements tragiques qui ont marqué la France :

  • Mohammed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012
  • L’attentat du Bataclan, survenu lors des attaques du 13 novembre 2015
  • Salah Abdeslam, seul membre encore vivant des commandos djihadistes responsables de ces attaques

Parmi les extraits les plus controversés, on retrouve des formulations comme « À la Mohamed Merah, esquive les caméras » ou encore « Bataclan, je l’ai shooté à l’œil, chasse à l’homme, Salah Abdeslam ». Ces phrases, reprises en chœur par de jeunes élèves, ont profondément choqué l’opinion publique.

Une enquête ouverte par le parquet de Paris

Face à l’ampleur de la diffusion, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH), rattaché au parquet de Paris, a ouvert une enquête pour apologie publique d’un acte de terrorisme. L’une des vidéos les plus relayées a été tournée dans un lycée de Beaugency, dans le Loiret, où un groupe d’élèves entonne le morceau au sein même de l’établissement scolaire.

Cette scène a alimenté un débat national sur l’influence de certains contenus musicaux auprès des plus jeunes et sur la responsabilité des plateformes dans leur diffusion.

Une convocation au tribunal le 21 octobre

Boro700 n’en est pas à sa première confrontation avec la justice. Le rappeur faisait déjà l’objet d’une procédure judiciaire à la suite d’une plainte déposée le 3 août par Éric Ciotti, député UDR des Alpes-Maritimes. Cette plainte visait déjà le contenu de ses textes.

Le artiste a été convoqué devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris le mardi 21 octobre. Cette chambre, spécialisée dans les affaires de presse et de liberté d’expression, devra déterminer si les paroles incriminées constituent effectivement une apologie du terrorisme au sens de la loi française.

L’affaire relance le débat récurrent sur la frontière entre création artistique et incitation, un sujet qui divise aussi bien le monde judiciaire que la scène rap hexagonale.

Photo d’illustration : Mr Cup / Fabien Barral (Unsplash @iammrcup), CC0 1.0

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