lundi 27 juillet 26

Festivals annulés – Les incendies ravagent la France

La France brûle, et sa vie culturelle en subit le contrecoup. Depuis la mi-juillet, les feux qui ravagent la Gironde et les Landes ont détruit plus de 42 000 hectares et provoqué l’évacuation de 220 000 personnes, du bassin d’Arcachon jusqu’à Lège-Cap-Ferret. Dans ce contexte, plusieurs festivals attendus de longue date ont dû renoncer, parfois à la veille de leur ouverture. Petit tour d’horizon des rendez-vous que les flammes ont fait tomber.

En Gironde, deux festivals rattrapés par les flammes

À Bouliac, sur les hauteurs de Bordeaux, la toute première édition du Big Blue Festival devait se tenir du 24 au 26 juillet. La soirée d’ouverture a d’abord été interrompue, puis les organisateurs ont pris la décision d’annuler l’ensemble de l’événement. Dans leur message, ils ont dit vouloir mettre leurs moyens au service des personnes sinistrées et des communes mobilisées. Pour un festival familial qui se lançait tout juste, le coup est rude, mais l’équipe a affiché sa solidarité avec la décision.

Un peu plus à l’ouest, sur le bassin d’Arcachon, c’est un habitué du calendrier estival qui s’efface. La Ville d’Andernos-les-Bains a annulé l’intégralité de la 53e édition de l’Andernos Jazz Festival, elle aussi programmée du 24 au 26 juillet. Tous les concerts et animations ont été supprimés, alors que le Big Band Côte Sud devait ouvrir les festivités le vendredi soir dans le jardin Louis David. La décision est tombée à la veille de l’ouverture, tandis que l’incendie parti de Saumos et du Temple progressait vers Le Porge et Lège-Cap-Ferret.

Dans les Landes, Musicalarue suspendu à une décision

Plus au sud, l’inquiétude entoure l’un des grands rendez-vous de la région. Musicalarue, festival de musique et d’arts de la rue installé au cœur de la forêt à Luxey, doit accueillir sa 36e édition du 31 juillet au 2 août, avec une jauge de 45 000 festivaliers et une affiche menée par Jean-Louis Aubert, Gaël Faye ou encore UB40. Le site, niché sous les pins, se trouve en plein territoire touché par les feux. Un incendie a d’ailleurs détruit plusieurs milliers de mètres carrés de jeunes pins sur la commune mi-juillet, et les Landes ont été placées en vigilance rouge. À ce jour, la tenue du festival reste incertaine et la décision doit être prise rapidement.

Dans le Var, la fête stoppée net

Le sud-est n’est pas épargné. Le 23 juillet, le préfet du Var a interdit toutes les manifestations sportives, culturelles et de loisirs dans et en lisière des massifs forestiers, alors que l’incendie du Gros Bessillon avait parcouru plus de 2 500 hectares. Dans la foulée, la troisième édition du Festival Carcès Country Club, prévue les 24 et 25 juillet, a été annulée par arrêté municipal. D’autres animations locales ont connu le même sort, sur fond de massifs fermés dans toute la région.

Canicule ou incendies : deux causes, un même été blanc

Il faut distinguer deux phénomènes que l’actualité mélange souvent. Les grandes annulations de la fin juin, celles de Solidays, Garorock et Chambord Live, relevaient d’abord de la canicule et du risque lié aux fortes affluences. Les incendies, eux, agissent différemment : ils entraînent des interdictions préfectorales, la fermeture des massifs et, un peu partout dans le sud, la suppression quasi générale des feux d’artifice du 14 juillet. Deux origines distinctes, un même résultat pour le public : des rendez-vous qui n’ont pas eu lieu.

Soutenir celles et ceux qui protègent nos territoires

Derrière chaque festival annulé, il y a des équipes qui renoncent, mais surtout des femmes et des hommes engagés sur le terrain pour contenir les feux. Beaucoup appartiennent à des associations de protection civile ou à des unités de sapeurs-pompiers volontaires, qui interviennent souvent avec des moyens limités. Pour les soutenir, un site créé par HelloAsso et Rgive recense ces structures mobilisées contre les incendies du Var, de la Gironde et d’ailleurs, avec la possibilité de faire un don direct à chaque association : urgences-incendies.helloasso.com. Chaque contribution finance du matériel, de l’équipement et du soutien aux populations touchées. Quand la saison des festivals doit s’interrompre, c’est aussi cette solidarité entre associations et habitants qui fait vivre la culture d’un territoire.

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