Le gardien de l’OGC Nice traverse une période tourmentée depuis l’entame de la saison de Ligue 1. Pourtant, lors du déplacement à Brest vendredi soir, Yehvann Diouf a réussi à transformer un cauchemar en moment de gloire grâce à un arrêt décisif sur penalty dans les ultimes instants de la rencontre.
Une soirée partie sur les pires bases
Fragilisé par des erreurs récurrentes ces dernières semaines — notamment un ballon relâché face à Lyon offrant un but à Pavel Sulc —, Diouf est arrivé à Brest sous une pression considérable. Le directeur sportif Roger Ricort avait même dû prendre la parole en conférence de presse pour dénoncer l’« acharnement » dont le portier faisait l’objet de la part de certains supporters.
Et la soirée a mal commencé. Dès la 15e minute, l’international sénégalais a trop hésité sur une relance, permettant à Ludovic Ajorque de lui subtiliser le ballon et d’ouvrir le score. D’autres approximations ont suivi :
- Un corner repoussé maladroitement, offrant une occasion nette à Kamory Doumbia
- Plusieurs ballons mal captés sur des frappes brestoises
- Une fébrilité visible que les adversaires ont cherché à exploiter
Le soutien du vestiaire comme déclic
Fait rare et marquant : après sa boulette sur l’ouverture du score, la quasi-totalité de ses coéquipiers est venue l’encourager. Ce geste de solidarité a visiblement touché Diouf en profondeur. À la mi-temps, alors que Nice était mené 1-0, les joueurs se sont mutuellement promis de renverser la situation pour leur gardien.
L’entraîneur Olivier Pantaloni a d’ailleurs révélé avoir envisagé de le sortir en cours de match. C’est finalement le coach des gardiens, Stéphane Cassard, qui l’a convaincu de le laisser sur la pelouse. Une décision qui s’est avérée déterminante.
Un penalty arrêté pour entrer dans l’histoire de la soirée
Alors que Nice menait 2-1 grâce à sa remontée au score, un penalty a été sifflé en faveur de Brest à la 100e minute de jeu. Face à lui, Kenny Lala, auteur de 13 penalties réussis sur 14 avant cette rencontre. Diouf a plongé du bon côté et détourné la tentative croisée du Brestois, préservant la victoire niçoise.
Au micro de Ligue 1+, le gardien a livré une réaction pleine d’humilité :
« Si je suis le héros ? Oui et non. C’est collectif. J’arrête aussi le penalty parce qu’ils sont tous venus me voir après mon erreur. Que toute une équipe réagisse comme ça, ça ne m’était jamais arrivé. »
Un tournant dans sa saison ?
Ce match à Brest pourrait constituer un véritable déclic pour l’ancien portier du Stade de Reims. Si ses lacunes restent un sujet de préoccupation, la confiance retrouvée et le soutien indéfectible du groupe niçois pourraient lui permettre de stabiliser ses performances. L’image de tous les Aiglons se précipitant vers lui au coup de sifflet final restera sans doute l’une des plus fortes de ce début de saison en Ligue 1.
Photo : Paté kroute, CC0, via Wikimedia Commons
