La fuite de morceaux inédits d’Eminem prend une tournure judiciaire majeure. Un ancien membre de son équipe technique vient de reconnaître sa culpabilité devant un tribunal fédéral pour avoir dérobé et commercialisé des créations musicales confidentielles du rappeur de Detroit.
Un accès privilégié exploité pendant des années
Joseph Strange, âgé de 48 ans, a travaillé aux côtés de Marshall Mathers — le nom civil d’Eminem — de 2007 à 2021. Basé dans un studio situé à Ferndale, dans le Michigan, il occupait un poste lié à la gestion du système informatique servant à archiver les productions musicales de l’artiste.
Cette position stratégique lui offrait un accès direct à des disques durs sécurisés par mot de passe, sur lesquels étaient conservés des titres encore en phase de développement et strictement confidentiels.
Dix fichiers volés, 50 000 dollars empochés
Le 22 octobre 2026, Joseph Strange a plaidé coupable de violation pénale du droit d’auteur devant la justice fédérale. Les faits reprochés se concentrent sur la période de juillet à août 2024, durant laquelle il a :
- Copié illégalement au moins dix fichiers audio appartenant à Eminem
- Revendu ces enregistrements à des acheteurs en ligne pour environ 50 000 dollars
- Permis la diffusion de ces titres sur plusieurs plateformes de streaming
Certains de ces morceaux avaient déjà fait l’objet d’un travail de production poussé, notamment au stade du mastering, sans qu’une sortie officielle ait été planifiée par l’artiste.
Plus de huit millions d’écoutes et un préjudice colossal
Les données transmises par les plateformes aux enquêteurs du FBI révèlent que les fichiers piratés avaient cumulé plus de huit millions d’écoutes en novembre 2025. Le ministère américain de la Justice évalue le préjudice subi à un minimum de 750 000 dollars.
L’enquête fédérale, lancée bien en amont, avait abouti à l’inculpation de Joseph Strange dès mars 2025. Son aveu de culpabilité constitue désormais l’étape décisive du dossier.
Une sentence attendue début 2027
Le prononcé de la peine est fixé au 27 janvier 2027. L’ancien employé encourt une peine maximale de cinq ans de prison, mais la sanction définitive sera déterminée par un juge fédéral en fonction des circonstances et des lignes directrices applicables.
Cette affaire rappelle la vulnérabilité des contenus artistiques stockés numériquement, même lorsqu’ils sont protégés par des dispositifs de sécurité. Elle souligne aussi les conséquences pénales graves auxquelles s’exposent ceux qui exploitent un accès de confiance pour monétiser des œuvres qui ne leur appartiennent pas.
Photo d’illustration : Corey Blaz (Unsplash @blazphoto), CC0 1.0
