Getafe en pleine crise : Bordalás et le président Torres s’écharpent après l’humiliation en Ligue Conférence

Le club madrilène de Getafe traverse une zone de turbulences inédite. Après une correction à domicile infligée par le FC Lugano (2-5) en Ligue Conférence, les tensions internes ont explosé au grand jour, opposant publiquement l’entraîneur José Bordalás à son président Ángel Torres.

Une soirée cauchemardesque au Coliseum

Pour la première fois depuis 2016, Getafe a encaissé cinq buts devant son public. Le scénario a été cruel : après avoir ouvert le score dès la première minute, les Azulones ont vu les Suisses renverser la situation en à peine six minutes, puis creuser l’écart avant la pause. Bordalás, qui avait opté pour un turnover dans son onze de départ, a été contraint de relancer ses titulaires en cours de match, sans parvenir à endiguer l’hémorragie.

Ce naufrage est d’autant plus embarrassant que la solidité défensive constitue la marque de fabrique de Bordalás. Son système, fondé sur une organisation compacte, des duels rugueux et une pression constante, a permis à Getafe de briller au-dessus de ses moyens pendant des années :

  • Promotion en Liga en 2017
  • Cinquième place du championnat en 2019
  • Plusieurs participations aux compétitions européennes

Un règlement de comptes en public

Après le match, Bordalás n’a épargné personne. Il a d’abord taclé ses remplaçants, estimant que leur niveau avait frôlé le « ridicule ». Puis il s’en est pris directement à la direction du club : « Nous n’avons pas les moyens de disputer trois compétitions. Nous n’avons même pas les moyens d’en jouer une seule. Je me sens trompé, les promesses faites année après année n’ont jamais été honorées. »

La réplique du président Torres n’a pas tardé. Interrogé par la Cadena SER, le dirigeant a répondu avec la même virulence :

  • « Il a prolongé son contrat parce qu’il le souhaitait. La porte est ouverte. »
  • « Il faut un sacré culot pour prétendre que je l’ai trompé après trente ans de présidence. »
  • Torres affirme par ailleurs disposer du meilleur effectif de son mandat et demande à Bordalás de respecter ses joueurs.

Une relation qui semblait pourtant inébranlable

Le timing de cette rupture surprend. En juin dernier, Bordalás avait prolongé son bail jusqu’en 2028. En septembre, il qualifiait encore sa relation avec Torres de « fantastique ». Quatre jours avant la débâcle, le président lui remettait un maillot commémoratif pour ses 350 matchs à la tête de l’équipe.

Derrière cet affrontement public, ce sont des désaccords persistants sur la politique de recrutement qui semblent avoir miné la collaboration. Bordalás estime ne pas disposer d’un effectif suffisamment étoffé pour répondre aux exigences du calendrier, tandis que la direction considère avoir fait le maximum.

Celui qui a bâti sa réputation en verrouillant les matchs adverses parviendra-t-il à colmater les brèches au sein de son propre club ? L’avenir de Getafe pourrait bien se jouer en dehors du terrain.

Logo : Getafe CF, via TheSportsDB

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